PAC : la Commission ne fait pas de lien avec la crise alimentaire

Publié le par Jean Mallot

La Commission européenne vient d’annoncer ses propositions concernant le bilan de santé de la PAC. Sans surprise, celles-ci confirment le virage pris en 2003 par Bruxelles et le Gouvernement français, à savoir une plus grande libéralisation de la Politique agricole commune et le démantèlement des principaux outils de gestion de l’offre.

 

Sans ambiguïté, le Parti socialiste s’oppose à la logique de la Commission et du Gouvernement qui tend à généraliser le principe du découplage des aides. Il rappelle que les soutiens doivent être prioritairement orientés vers les productions et les régions les moins compétitives. Hors, les propositions de la Commission n’abordent pas l’inégalité de répartition des soutiens : le problème reste donc entier !

 

Le Parti socialiste note l’engagement de la Commission vers plus de modulation. Il s’en félicite et rappelle que ce principe avait pourtant été rejeté avec force par la droite dès 2002. Le Parti socialiste insiste pour que cette modulation serve réellement à soutenir les productions de qualité, les régions et secteurs les moins compétitifs ou les filières les plus fragilisées.

 

Parmi les mesures les plus significatives, la disparition de la jachère est définitivement actée dans les propositions de la Commission. Or, il est important que les avantages environnementaux prouvés procurés par la jachère puissent être compensés.

 

La fin des quotas laitiers est aussi une décision lourde de conséquences. Le Parti socialiste est opposé à la disparition annoncée du dispositif pour avril 2015 car il n’y a pas au delà de cette échéance de garantie claire d’une politique alternative garantissant une répartition équilibrée des productions laitières sur l’ensemble des territoires, en particulier dans les zones difficiles. Il serait préférable de conserver le dispositif des quotas et d’adapter continuellement leur niveau en fonction de l’évolution de la demande.

 

Enfin, le Parti socialiste remarque que la Commission supprime avec un peu trop d’empressement les mécanismes d’intervention sur des produits très exposés aux aléas du marché.

 

Les soubresauts imprévisibles des prix des denrées agricoles sur les marchés internationaux  justifient pourtant pleinement des mécanismes de régulation efficaces. Dans un contexte de tension alimentaire au niveau mondial, le démantèlement des politiques agricoles par excès de libéralisme n’est pas une solution.

 

Le Parti socialiste réaffirme donc son attachement à une politique agricole commune efficace, juste et pérenne. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy portera la responsabilité de l’avenir de la Politique agricole commune lors de la prochaine présidence française de l’Union européenne.

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