Projet de budget 2009 : le dur retour aux réalités

Publié le par Jean Mallot

C’est un véritable plan de rigueur qui est aujourd’hui annoncé aux Français avec le projet de budget 2009. Le gouvernement tire manifestement prétexte de la crise économique pour justifier l’instauration de mesures d’austérité et l’amplification de la politique menée.

 

Le paquet fiscal, principalement constitué de cadeaux aux plus aisés, coûte 15 milliards d’euros par an, ce qui hypothèque toute capacité de soutien à l’activité économique et au pouvoir d’achat, comme le montre la dégradation de la conjoncture. Le gouvernement ne peut se dédouaner de ses responsabilités sur la crise économique pour expliquer la dégradation de l’emploi. L’absence totale de soutien à l’investissement et la priorité aux heures supplémentaires plutôt qu’aux embauches conduisent à une forte remontée du chômage.

 

Dans ce contexte, l’explosion du déficit budgétaire, fixé à 52,1 milliards d’euros, soit 10,4 milliards d’euros supplémentaires par rapport à la loi de finances initiale pour 2008, n’est que le résultat de l’inefficacité des politiques menées et de l’effondrement des recettes. La dette publique va ainsi remonter à 66% du PIB, alourdissant la charge de son remboursement.

 

C’est ensuite une restriction sans précédent des emplois de fonctionnaires qui est programmée. En 2009, ce sont 30 600 postes (dont 13 500 dans l’Education nationale) de fonctionnaires d’Etat qui seront supprimés après 22 900 en 2008. Tous les ministères verront leurs effectifs amputés, hormis celui de la justice. En termes réels, la quasi-totalité des crédits des administrations baissera, et notamment ceux du ministère du travail au moment où le chômage explose et ceux du ministère du logement en une période où la construction de bâtiments s’écroule.

 

Le gouvernement prépare enfin une véritable saignée des collectivités locales. Il reporte les contraintes budgétaires liées pour une grande part à l’inefficacité de sa politique sur les collectivités, dont les concours augmenteront même pas du montant de l’inflation, alors que l’investissement mené par ces dernières demeure l’un des seuls moteurs de la croissance.

 

Les beaux discours du Président de la République sur la nécessaire intervention de la puissance publique pour réguler l’économie n’auront même pas tenu 24 heures, pour laisser place à un plan d’austérité massif pour l’Etat, les collectivités locales et l’écrasante majorité des Français.

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