Rémunération des patrons: le gouvernement fait de l'affichage, les socialistes font des propositions pour agir vraiment

Publié le par Jean Mallot

Le décret encadrant les rémunérations des patrons dans les entreprises qui ont reçu des aides d'Etat, publié par le gouvernement ce lundi 30 mars, est très largement insuffisant. D'abord, parce qu'il ne court que jusqu'en 2010, alors qu'il s'agit de dispositions qu'il faudrait faire respecter même hors situation de crise. Ensuite, parce qu'il ne concerne qu'un très petit nombre d'entreprises, huit au total, vu que certaines aides de l'État et celles des Régions, des Départements, ou même de l'Europe ne sont pas prises en compte!


Cela ne règle donc en rien le problème des rémunérations excessives que s'accordent les patrons des grandes entreprises sans rapport avec les augmentations qu'ils accordent à leurs salariés. Le gouvernement, par ce décret sans autre effet qu'un écran de fumée, se moque des Français.


Si le gouvernement utilise la voie d'un simple décret à ce sujet, c'est pour éviter la tenue d'un débat public dont il a peur, car il révèlerait les faiblesses des dispositions qu'il a prises vis-à-vis des grands patrons. Le président de la République et son gouvernement préfèrent laisser le MEDEF, par le biais de sa « charte de bonne conduite », fixer les règles de rémunération globale des grands patrons, alors que les scandales sont chaque semaine plus nombreux. Il s'agit donc pour Nicolas Sarkozy d'enterrer un débat dont il sait qu'il ne fera pas plaisir à ses amis du CAC 40.


Face à un gouvernement et un président de la République qui refusent de prendre leurs responsabilités, mes collègues et moi-même, députés du groupe Socialiste, Radical et Citoyen avons des propositions claires. En ces temps de crise, et afin de sauvegarder la cohésion sociale de notre pays, il faut passer par la loi pour mettre un terme à de trop grandes injustices sociales.


C'est pourquoi nous avons déposé une proposition de loi qui sera examinée le 30 avril prochain. Cette proposition de loi relative aux hauts revenus et à la solidarité, vise à la fois à appliquer une politique fiscale plus juste, qui n'exclut pas les hauts revenus du financement de la solidarité nationale, mais aussi un réel plafonnement des revenus des dirigeants d'entreprises ayant reçu les aides de l'État.

 

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