Réaction d'Elisabeth GUIGOU aux communiqués de Mme Dati

Publié le par Jean Mallot

Loin de Paris pour un deuil familial, je prends connaissance des déclarations de Madame Dati.

La semaine dernière déjà devant l'Assemblée Nationale, Madame Dati avait osé proférer deux mensonges.

Elle avait prétendu que « sous les gouvernements socialistes, aucun programme de construction de prison n'avait été entrepris ». C'est faux. Sous le gouvernement Jospin, nous avons lancé un programme de construction de six nouveaux établissements : Avignon-le-Pontet, Toulon-la-Farlède, Meaux-Chauconin, Lille-Sequedin, Toulouse-Seysses, Liancourt. Un projet de réhabilitation des grandes maisons d'arrêt avait également été mis en place : Fleury-Mérogis, la Santé, Fresnes, les Baumettes, Lyon, Draguignan, qui prévoyait le cloisonnement des sanitaires et des douches dans les cellules. Ce programme de réhabilitation a été mis au frigidaire par les gouvernements de droite et n'a été relancé qu'après plusieurs années.

Madame Dati a aussi affirmé que la surpopulation pénitentiaire avait toujours existé, ce qui est également faux. La population carcérale a diminué sous le gouvernement Jospin, en passant de 55 284 détenus en 1997 à 47 682 en 2001, pour 50 000 places disponibles. Cette diminution du nombre de détenus (moins 7600) provient de la diminution des détentions provisoires grâce à la nouvelle politique pénale que nous avons mise en place et qui voulait que la détention provisoire reste l'exception.

L'arrogance avec laquelle Madame Dati répète ses mensonges témoigne de son mépris de l'Assemblée Nationale et montre à quel point elle est à court d'arguments pour masquer ses échecs.

Je rappelle la réalité des chiffres, ceux que Madame Dati veut ignorer.

Aujourd'hui, il y a au 1er avril 2009, 63 351 détenus pour 52 535 places disponibles. Parmi ces détenus, le nombre de prévenus en détention provisoire est aujourd'hui de 16 471 alors qu'il était nettement inférieur en 2001 (15 273).

Quant aux mineurs détenus, je rappelle les chiffres de l'administration pénitentiaire au 1er janvier de chaque année : en 1998, il y avait 669 mineurs détenus. En 2001, 616 mineurs et aujourd'hui, selon Madame Dati elle-même, il y en a 698 .

La surpopulation pénitentiaire est dramatique pour les surveillants comme pour les détenus. Or Madame Dati, pourtant candidate aux élections européennes et numéro 2 sur la liste UMP en Ile de France, déclare vouloir suspendre l'application des règles pénitentiaires européennes !

Cette décision montre le dédain de Madame Dati pour le Parlement de l'Union Européenne où elle ambitionne pourtant de siéger. Et cette décision va encore aggraver la situation dans les prisons. Le moratoire sur l'application des règles pénitentiaires européennes est irresponsable et soulève l'indignation des associations qui interviennent dans nos prisons et qui sont attentives à la dignité humaine comme aux conditions de travail des surveillants de l'administration pénitentiaire.

Les professionnels de la justice sont à juste titre indignés de ce que Madame Dati ose utiliser le site officiel du ministère pour diffuser ses polémiques politiciennes.

Publié dans A l'assemblée

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